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Au-delà des images présentées, ce travail est une suggestion à la réflexion sur le dépassement des épreuves que nous rencontrons sur le chemin de la vie.

​Une dizaine de photographies en noir et blanc comme le regard que pose aujourd’hui l’artiste sur ses souvenirs passés qui l’ont façonnée. 

La majorité réalisée en autoportrait et quelques-unes avec un(e) assistant(e).

Présentées chronologiquement, les images sont accompagnées d’un texte et d’un lien vers un morceau de musique pour vous immerger dans l’ambiance de la photographie. Face à ce récit personnel, vous recevez une invitation à prendre de la hauteur sur les écueils du quotidien pour trouver une issue lumineuse comme a pu le faire l'auteure.

Les thématiques suivantes seront abordées :

  • La stigmatisation

  • L'égalité des chances ?

  • Le rapport de force

  • Perdue dans l'espace temps

  • La fracture sociale

  • Le transfuge sociale

  • La cage dorée

  • Le diagnostic

  • La dualité

  • L’effondrement

  • La renaissance

La démarche

 

Une lettre à moi-même le 4 juin 2019.

Les premières esquisses......puis le cheminement de pensée inconscient mais bien présent.

Une opportunité

Le 23 mai 2021, une personne décide de me faire confiance et me propose de réaliser ma première exposition dans un espace formidable : l'espace Gandhi à Audincourt. Je lui adresse un immense merci !

Le projet devenait concret et il fallait le mettre sérieusement en œuvre pour exposer en décembre.

revers de la vie
revers de ma vie
revers de ma vie
la stigmatisation
égalité des chances ?

La stigmatisation

 

Musique : The harder they come. Jimmy Cliff. 1972.

You can get it if you really want

 

Assistant : Georges Dupont

 

Heureuse et insouciante, tu abordes la vie sans a priori. Il est trop tôt pour te rendre compte de l’impact négatif que peut avoir ton environnement. Ce conditionnement inconscient qui va t’éloigner de l’essentiel et de ta véritable richesse.

Pourtant, tes parents t’apprennent à être libre et indépendante sans te préoccuper du jugement des autres. Un cadeau précieux dans ce monde consumériste qui te fait croire que la sécurité se matérialise par l’accumulation. Tout cela n’est qu’un écran de fumée.

 

Veux-tu t’attacher à avoir en jalousant autrui quand il est possible de partager des connaissances pour s’enrichir mutuellement ?

 

Ouvre-toi aux autres, ne les crains pas, respecte et observe sans porter de jugement.

 

Retrouve ton âme d’enfant passionnée, émerveillée par la découverte de l’inconnu. Nourris-toi de ces ressources immatérielles pour construire ton libre arbitre et développe ta créativité pour prendre confiance en toi.

 

Découvre tes talents, identifie tes valeurs mais ne cherche pas à les imposer aux autres. Ne perpétue pas cette domestication sociale.

 

« Less is more » Mies Van der Rohe

L’égalité des chances ?

 

Musique : Ici et ailleurs. Idir, Maxime Le Forestier. 2017

Né quelque part

 

Tu as compris qu’il se passait quelque chose de différent quand ta socialisation a commencé. Guillaume n’utilisait pas la même main que toi pour colorier son poisson et tous ses crayons avaient la même taille.

 

Cette différence représentait-elle un problème ?

Tu ne le savais pas vraiment.

 

En principe, l’école inculque des règles dans la continuité de l’éducation parentale pour nous permettre de nous émanciper et d’affronter l’avenir. Elle n’a pas vocation à mettre en exergue les différences de chaque enfant, ni au contraire à les uniformiser. Mais, le groupe se charge lui-même de marginaliser ceux qui ne correspondent pas à la norme. Difficile d’essayer de n’être que soi-même dans un système qui attribue des notes, un jugement de valeur entre les individus. Cette incitation à la comparaison permanente, cette hiérarchie scolaire, engendre une hiérarchie sociale. La répétition d’une différence anecdotique peut entacher l’estime de soi en installant durablement une croyance erronée.

 

Le conformisme peut-il créer une société épanouissante ?

Le mélange des cultures, des savoir-être et des savoir-faire ne constitue-t-il pas une richesse ?

 

« Dit pas d’où tu viens, dit-moi ce que tu as dans la main, ce qu’on peut vivre ensemble, ce qu’on peut partager » Idir

le rapport de force
perdue dans l'espace-temps
la fracture sociale

Le rapport de force

 

Musique : Church Of Scars . Bishop Briggs . 2018

White Flag

 

Déclaration universelle des droits de l’homme. 10 décembre 1948.

 

Article premier.

Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

 

Article 2.

Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.

De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

Article 3.

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

Article 4.

Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 5.

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Perdue dans l‘espace temps

 

Musique : The Darker The Weather // The Better The Man. Missio . 2019

I see you

 

 

Message personnel.

 

Le chemin a été long pour retrouver ta route et dépasser la douleur entretenue par une rancœur qui aujourd’hui me semble injuste envers toi.

Même si le temps apaise les blessures, la mémoire du corps est tenace. Les cicatrices sont gravées dans ta chair, elles te tiraillent pour se rappeler à toi dans les moments de doute. La pudeur t’a engluée dans un mutisme pour masquer tes émotions. Si rigide était l’armure que tu t’es construite au fil du temps, elle n’était qu’une cloche de verre bien fragile face à l’adversité. Tu as souvent recollé les morceaux pour donner le change mais tu te trompais toi-même en essayant de gagner du temps. Tu te consumais intérieurement.

Tu ne faisais que retarder l’évidence jusqu’au jour où, un matin d’avril, le sort t’a rattrapée. Souviens-toi de ce jour et de tes pensées face à cette ultime sommation de ton corps pour te ramener à la raison.

 

Tu es prête à sortir de ta bulle d’illusions pour être toi-même, pleine et entière.

 

Connais-toi toi-même.

 

 Accepte de pardonner, de te pardonner.

La fracture sociale

 

Musique : La montagne . Jean Ferrat . 1964 .

Que serais-je sans toi ?

 

 

Nous nous faisons face sans nous voir, si proches et pourtant si lointains. Bien à couvert, nous pouvons, chacun de notre côté, scruter nos différences en décortiquant le moindre détail.

Tu es planté au milieu d’un carré de verdure bien entouré par un filtre végétal. Tu mises sur la discrétion pour préserver ton intimité mais ne crains-tu pas d’attirer les convoitises ?

De mon côté, je m’expose sans réserve, j’impose mon style en te dominant du haut de mes six étages. Un peu rigide et répétitif mais j’offre à certain la possibilité de voir plus loin que l’horizon. Ma grandeur ne me place pas en position de force mais je suis venue déranger ta tranquillité. Tu me le rends bien en agitant ton individualisme sous mon nez. Cette attitude pourrait paraitre bien cruelle si nous nous arrêtons aux apparences. Nous avons chacun nos qualités et nos défauts.

 

Bravons les préjugés et apprenons à nous connaitre. Transformons notre cohabitation contrainte en une belle rencontre. Tu verras que moi aussi j’ai du potentiel ! Tout comme toi, je peux aussi offrir un abri sécuritaire.

 

Nous ne sommes pas condamnés à perpétuer un héritage d’une époque révolue. Ensemble, nous pouvons écrire notre version de l’avenir.

le transfuge social
la cage dorée

Le transfuge social

 

Musique : All’n all. Earth, Wind and Fire. 1977.

Fantasy.

 

Tu n’es pas la pomme qui est tombée loin de l’arbre.

 

Tu as bravé les croyances limitantes que ton environnement t’a assenées pour prendre ton envol. Tu as gravi les échelons à la force du poignet, ironique pour une senestre tant décriée ! Un véritable dépassement de soi pour atteindre le sommet de la pyramide. Il te semblait bien séduisant, empli de promesses. Malheureusement, il était assombri par l’hypocrisie d’une poignée d’individus qui se prenait pour l’élite. Réussir en écrasant les autres, ce n’était pas ton destin. Tes rêves ne pouvaient se réaliser au détriment d’autrui. Tu n’avais pas envie de grandeur mais simplement d’un métier au service des autres pour créer des lieux où il fait bon vivre.

 

Architecte.

 

Tu as finalement choisi de rester à la base de la pyramide pour te construire de solides fondations en gardant les pieds sur terre et ancrés dans la réalité de la vie. Pour autant, tu n’abandonnes pas tes convictions en mettant tes compétences au profit du plus grand nombre.

 

N’oublie jamais d’où tu viens pour comprendre qui tu es et construire là où tu veux aller.

La cage dorée

 

Musique : Subliminal (La face cachée). Maitre Gims. 2013

 Zombie.

Assistante : Céline Juillet

 

Bien au chaud dans ton cocon, tu profites du confort du lieu. Même si tu es un peu à l’étroit, cet environnement te rassure, il s’inscrit dans un cadre dont tu connais les moindres recoins. Tu ne l’as pas tout de suite remarqué mais il s’est rigidifié au fil du temps pour répondre à ton besoin de sécurité. La crainte a pris toute la place engourdissant ton esprit.

 

Les turbulences de la vie sont-elles devenues si effrayantes que tu n’oses plus les affronter ?

 

Toi qui étais pleine d’ambition pour construire un monde meilleur, ne serais-tu pas en train de te saborder ?

 

En plus du plafond de verre que la société patriarcale te fait subir, tu te mets tes propres barrières. Tes pensées limitantes nourrissent tes propres doutes et t’empêchent d’agir. Tu t’enfermes dans une vie inconfortable par peur de défier l’incertitude de l’inconnu.

 

Prends conscience de ton insatisfaction. Puise en toi les ressources nécessaires pour accéder à une vie épanouissante. Risque-toi à saisir la main tendue pour te sortir de la brume.

 

Extirpe-toi de ce carcan doré qui finira par t’asphyxier, crois en toi et envole-toi vers d’autres horizons !

 

Vis ta vie !

le diagnostic

Le diagnostic

 

Musique : This Is Acting . Sia. 2016

The Greatest.

9 septembre 2016 :

  • 7h00 : ta main droite est engourdie au réveil

  • 10h00 : tu perds la sensibilité au niveau de ton visage

  • 11h00 : les secours t’emmènent aux urgences

  • Fin d’après-midi : retour à la maison avec une ordonnance pour une IRM.

 

La semaine suivante les troubles empirent. Tu ne sens plus ta jambe droite, ton bras gauche…

 

16 septembre 2016 :

  • 14h00 : retour aux urgences

  • Au milieu de la nuit : admission au service neurologie en chambre double.

 

7 jours interminables s’écoulent, rythmés par de nombreux examens qui te déshumanisent chaque jour un peu plus. Ta pudeur a été rangée au vestiaire !

 

23 septembre 2016 : VOUS AVEZ UNE SCLEROSE EN PLAQUES.

Ton monde s’écroule, le ciel vient de te tomber sur la tête.

26 septembre 2016 : sortie de l’hôpital.

Première pensée sur le parvis : tu es en vie !

 

La vie est imprévisible, ne dépense pas de l’énergie pour ce qui ne peut être contrôlé. Lâche prise par rapport au passé et à l’avenir incertain. Vis l’instant présent, profite de chaque instant, l’impermanence de la vie est ta première motivation à agir. Ne te censure pas mais reste vigilante et lucide.

la dualité

La dualité

 

Musique : Bishop Briggs . Bishop Briggs . 2017

Dark Side.

 

 

La maison d’hôtes

Poème de Djalâl ad-Dîn Rûmî

 

"L'être humain est une maison d’hôtes,

Chaque matin un nouvel arrivant.


Une joie, une déprime, une bassesse,
Une prise de conscience momentanée arrive

Comme un visiteur inattendu.


Accueille-les tous et prends soin d’eux
Même s'il s'agit d'une foule de regrets

Qui d'un seul coup balaye ta maison

Et la vide de tous ses biens.
Traite chaque hôte honorablement.

Peut-être vient-il faire de la place en toi

pour de nouveaux délices.


La pensée sombre, la honte, la malice,

Rencontre-les à la porte en riant,
Et invite-les à entrer.


Sois reconnaissant envers tous ceux qui viennent,
parce que chacun a été envoyé
Comme un guide de l’au-delà. »

l'effondrement

L’effondrement

 

Musique : Album . Serge Reggiani . 2002

Le temps qui reste.

 

Assistant : Pierre Jochum

 

Nos vies ont été bouleversées plusieurs mois par une invité surprise qui a brutalement bousculé nos repères. Pour la plupart d’entre nous, nous n’étions pas prêts à l’accueillir et nous avons subi sa présence. Un sentiment d’impuissance envahissait nos vies. Bien que nous privant de liberté, cet hôte nous offrait également un immense cadeau : du temps pour réfléchir. Une confrontation violente avec la réalité et les conséquences de nos actes nous rappelant que rien n’est jamais acquis.

 

Qui sommes-nous vraiment ?

 

Rends-toi à l’évidence, plus rien ne sera comme avant. Ne t’accroche pas à un monde révolu au risque de ne recueillir que de la souffrance.

Fais le point sur ta vie et profites-en pour tirer les enseignements de cette période particulière. Mesure la chance que tu as.

Accueille le changement, il est inévitable. Sois à l’écoute de tes émotions pour redéfinir tes priorités et prendre un nouveau cap. Interroge tes valeurs profondes pour ne pas le perdre de vue au fil du temps.

 

Quel sens souhaites-tu donner à ta vie ?

 

Offre-toi la chance d’être en accord avec toi-même.  Sème les graines d’un avenir épanouissant et cultive chaque jour ton jardin pour vivre ta vie et pas celle d’un autre.

la renaissance

La renaissance

 

Musique :

Ça ne tient pas debout . Michel Berger . 1990 .

Le paradis blanc.

 

La vie peut basculer en un instant et parfois, submergée par tes émotions, tu aurais aimé que tout s’arrête pour t’abandonner dans le néant. Besoin de te sentir libérée, bercée par le bruit des vagues, envie d’être apaisée dans un moment suspendu loin du tumulte ambiant.

 

Dans les moments de doutes, prends conscience du chemin que tu as parcouru jusqu’ici, de toutes ces épreuves que tu as surmontées.

 

Apprécie le chemin de la vie, aussi imprévisible soit-il.

 

Ne te décourage pas, tu peux agir sur le cours des choses à ton échelle. Fais face à tes contradictions pour t’accepter telle que tu es.

 

Libère-toi du passé, porte ton regard au loin et prépare-toi à profiter de la vie en pleine présence.

 

« Vivre est la chose la plus rare en ce monde. La plupart des gens se contentent d’exister. » Oscar Wilde